Le parcours de 16 km occupait une place centrale dans l’architecture du Morvan Oxygène Trail. Plus long que le format d’initiation, il permettait de rencontrer une gamme plus large de terrains sans basculer dans la gestion d’un trail long. Les descriptions conservées évoquent une ancienne voie romaine, le point bas de Champcheur, une remontée marquée après le franchissement d’un ruisseau, des monotraces entre blocs granitiques, puis l’ancienne voie du Tacot avant un final vers le calvaire. L’intérêt de cette page est de transformer ces repères en méthode : comment répartir l’effort, adapter la foulée et préparer une distance où le dénivelé est concentré plutôt que continu.
Comprendre la succession des terrains
La première partie permettait de quitter Château-Chinon par un chemin assez large avant de perdre de l’altitude vers Champcheur. Cette descente invitait à courir, mais elle préparait surtout la difficulté suivante : après le ruisseau, la pente gagnait rapidement environ 140 mètres. Le tracé se resserrait ensuite dans des secteurs de racines et de granit, avec des relances courtes. Une partie plus roulante offrait un changement de rythme avant le retour par la voie du Tacot. Cette ancienne infrastructure ferroviaire forme une pente régulière où l’allure semble facile à maintenir, jusqu’à ce que l’irrégularité du sol fatigue les mollets. Le final en hauteur demandait de conserver suffisamment de réserve pour une dernière séquence de montées et de lacets.
Construire une allure adaptée au profil
Se fier uniquement à une allure moyenne n’est pas pertinent sur ce type de boucle. Il vaut mieux raisonner par zones : aisance dans la première descente, effort contrôlé dans la remontée, relance souple sur la partie roulante, puis économie dans le retour ascendant. La marche active est efficace lorsque la pente oblige à raccourcir la foulée au point de perdre toute fluidité. Dans les descentes, le regard guide la trajectoire et permet de choisir les appuis stables sans effectuer de freinages répétés. Une montre peut aider à surveiller la durée de l’effort, mais la respiration et la qualité des appuis restent de meilleurs indicateurs. Le but est d’arriver au dernier quart avec la capacité de relancer, non d’y subir une accumulation de fatigue.
Un plan de préparation sur plusieurs semaines
La préparation peut s’organiser autour d’une sortie longue progressive atteignant une heure trente à deux heures, d’une séance facile et d’un travail vallonné. Une semaine sur deux, un bloc de montées courtes améliore la force, tandis qu’une séance avec des côtes plus longues apprend à gérer l’intensité. Il est utile de courir sur des surfaces différentes : terre, cailloux, herbe et chemins humides. Le renforcement des chevilles, des hanches et du tronc limite les mouvements parasites lorsque le sol se dérobe. Les deux dernières semaines servent à stabiliser les acquis. Une forte hausse du volume ou du dénivelé à ce moment augmente le risque de fatigue sans créer de bénéfice durable. La régularité compte davantage qu’une séance spectaculaire.
Autonomie raisonnable et équipement testé
Pour seize kilomètres, le choix entre ceinture, flasques ou petit sac dépend du temps prévu et des possibilités de ravitaillement. En sortie autonome, il faut emporter assez d’eau et une collation déjà tolérée à l’entraînement. Une veste compacte, une protection pour le téléphone et une trace hors ligne apportent de la sécurité sans alourdir excessivement. Les chaussures doivent équilibrer accroche et confort, car la boucle alterne sections techniques et portions plus roulantes. Une semelle très rigide peut devenir fatigante sur l’ancienne voie, tandis qu’un modèle peu cramponné limite la confiance dans les pentes humides. Le bon matériel est celui qui reste discret pendant l’effort et dont l’usage est parfaitement connu.
Lire le paysage autant que le chronomètre
Les voies anciennes, les murets, les queules et les ouvertures sur la vallée de l’Yonne donnent une profondeur particulière au parcours. Savoir les identifier améliore aussi l’orientation : une voie du Tacot suit généralement une pente constante, un chemin creux canalise l’eau, et une lisière annonce souvent un changement de sol. Le guide des hauts lieux du Morvan aide à replacer Château-Chinon, le Haut-Folin et le bassin de l’Yonne dans un même ensemble. Pour aller plus loin en distance, l’ancien parcours nocturne de 24 km introduit une contrainte supplémentaire : l’obscurité, qui réduit les repères et modifie la perception du relief.